Livre

  • Idée de lecture

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    Virginie notre CD2A conseille un ouvrage sur La naissance d'un enfant handicapé racontée par sa fratrie. Il vient de remporter le Prix Fémina 2021.


    De quoi s’agit-il ?
    Clara Dupont-Monod interviewée par Guillaume Chevalier Librairie Mot à mot (Fontenay-sous-Bois)

    Lorsqu’un enfant handicapé naît, c’est tout l’équilibre familial qui doit se réinventer. De l’aîné fusionnel à la cadette furieuse, Clara Dupont-Monod explore avec sensibilité et émotion cette obligation de s’adapter, de faire avec. Un livre éblouissant sur la connaissance de soi et la solidité des liens fraternels.

    Votre nouveau roman, S’adapter, se situe dans les années 1990 et raconte l'arrivée dans une famille d'un enfant handicapé atteint d'une malformation génétique rare. Comment est né ce livre et pourquoi cette thématique ?

    Clara Dupont-Monod - C'est en effet l'arrivée d'un enfant handicapé dans une famille mais racontée par la fratrie. L'histoire de ce livre a une base autobiographique. J'ai eu un petit frère qui est né handicapé et qui est mort à l'âge de 10 ans. La joie de l'avoir connu a enfin supplanté le chagrin de l'avoir perdu. À partir de ce moment-là, l'écriture est devenue possible. Je tenais beaucoup à cette histoire de fratrie qui est comme un personnage principal mais qui n’est pas tellement exploitée dans les livres.

     

    Parlons-en de la fratrie ! Il y a dans la fratrie l'aîné (le grand frère), la cadette (la grande sœur), l'enfant et, plus tard, nous découvrons qu’il y a le petit dernier. Pouvez-vous nous les présenter ?

    1. D. P. - Chacun me permettait d'incarner un sentiment différent. L'aîné porte le thème de l'amour fou, fusionnel et quand l'enfant meurt, il ne s'en remettra pas. La cadette, c'est la colère, elle est furieuse et ça me permet d'aborder le dégoût face à un corps handicapé. Cette vulnérabilité l'effraie et elle le rend responsable de la mise à terre de l'équilibre familial. Le petit dernier, c'est la problématique de l'enfant qui console, puisqu'il arrive une fois que l'enfant handicapé est mort, et en même temps de l'enfant qui est la proie de cette question vertigineuse : « si tu n’étais pas mort, est-ce que moi je serai né ? ». Ces trois personnages tournent autour de l'enfant handicapé et doivent composer avec leur réserve de courage, de souplesse car il faut s'adapter à une situation donnée, faire avec et non faire contre, ce qui est très difficile.

     

    Vu la thématique de votre roman, on aurait pu imaginer une ambiance pesante, centrée sur les difficultés de cette famille et ce n’est pas du tout le cas. C’est avant tout un livre tendre, émouvant, éblouissant… C'était voulu ?

    1. D. P. - Je ne suis pas du tout dans le côté événement tragique qui a marqué ma vie, qui fait que je suis en mille morceaux. Simplement, comme toutes les épreuves d’une vie, ça m’a construite et l’épreuve n’est pas une maladie honteuse. Lorsque l’on doit s’adapter à une personne inadaptée, lequel des deux est en fait le plus inadapté ? L’aîné dit «°inadapté peut-être, mais qui peut nous pousser comme cela dans nos retranchements ?°» Le petit dernier estime lui qu’il «°n'aurait jamais pensé fermer les yeux pour mieux voir°» parce qu’il essaie de faire comme son frère aveugle qu’il n'a pas connu. Il est né avec l’ombre d’un défunt et doit faire avec, car les absents font aussi partie de la famille. Pour la cadette, la colère qu’elle va ressentir va finir par se révéler très constructive. Chacun à sa façon, au contact de cet enfant, va donc se révéler inadapté mais du coup, très équipé.

     

    Cette situation va effectivement mener à cette connaissance de soi en les poussant dans leurs retranchements. Ce qui, dans des circonstances plus ordinaires, n’arriverait pas avec une telle intensité.

    1. D. P. - Oui. Par exemple, le frère aîné, que l’on peut percevoir comme très nostalgique, se dit qu'il y a une différence entre vivre sans quelqu’un et vivre avec la perte de quelqu’un. Lui décide de vivre avec la perte de son petit frère pour le reste de sa vie. Renoncer à son chagrin, c’est pour lui acter la perte de son petit frère pour toujours et il n’en a tout simplement pas envie. Il reste donc fidèle à son chagrin et qui peut le juger ? C’est une façon de s’adapter. Le chagrin est une forme de lien qui l’apaise.

     

    Avez-vous une dernière confidence à faire sur ce texte ?

    1. D. P. - Je me souviens d'avoir écrit ce texte dans un état extrêmement intuitif, presque animal, ce qui n'était pas du tout le cas avec mes romans sur Aliénor d’Aquitaine où l’écriture était très cérébrale, très compliquée, où je pouvais passer trois jours sur un paragraphe. Là, j'ai le souvenir d'avoir eu chaud, d’avoir eu froid, d'avoir eu faim, d'avoir eu soif... bref des souvenirs très sensoriels.

     

    À propos du livre

    Un enfant handicapé naît et la dynamique familiale s’en trouve chamboulée. Le frère aîné s'investit dans la relation jusqu’à la fusion quand la sœur cadette est dans le rejet, le dégoût de ce frère handicapé qu’elle estime responsable d’avoir saccagé sa relation avec l’aîné. Mais le handicap de l’enfant le condamne à une courte vie et, quelque temps après sa mort, vient au monde le petit dernier, enfant consolant et réparateur. Avec subtilité et délicatesse, Clara Dupont-Monod nous parle de la puissance des liens fraternels, de l’ambivalence face à la différence et de l’extraordinaire capacité d’adaptation de l’être humain. Un roman doté d’une rare puissance émotionnelle. Lumineux et magnifique.

    A acheter chez votre libraire ou à emprunter en bibliothèque !

  • Idée de lecture

    Voici le livre de la ligérienne Chloé Landriot, "Sans monument",  qui paraîtra d'ici la fin de cette année.

    « Elle y traite, avec un grand souffle poétique allié à une vraie pensée, la question du sens même de l'aventure humaine et celle du destin de la planète ». (note de l’éditeur).

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  • Dominique Farrugia publie un livre dans lequel il évoque la maladie dont il est atteint, la sclérose en plaqu

    Il avait posé une condition avant d’écrire sa biographie : consacrer un chapitre au handicap. Dans « Elle ne m’a jamais quitté », il aborde la sclérose en plaques qui l’a frappé lorsqu’il avait 28 ans : «J’ai voulu montrer que, malgré ma maladie, j’ai réussi à affronter beaucoup de choses et à me relever à chaque fois.»

    « Elle ne m’a jamais quitté », de Dominique Farrugia, éd. Robert Laffont, 256 p., 19 euros.

    Dominique Farrugia, à écouter ici : Dominique Farrugia

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  • Un très beau téléfilm à la TV ce soir

    Paraplégique depuis l’âge de 16 ans après un accident d’avion, Dorine Bourneton est connue pour être la première femme handicapée au monde pilote de voltige aérienne. Une fiction librement adaptée de son livre Au-dessus des nuages, paru en 2015, sera diffusée lundi 9 novembre sur TF1 à 21h05. Toujours débordante de projets, elle se réjouit que son parcours de vie, porté à l’écran, puisse inspirer d’autres personnes en situation de handicap.

    "Au-dessus des nuages" est donc un subtil mélange entre l'histoire vécue et romancée pour que chacun d'entre vous puisse comprendre et revivre les émotions que j'ai pu ressentir.... »

    Chaque séquence porte un message...

    Le résultat est vraiment extraordinaire !

    Ne ratez pas ce téléfilm ce soir sur TF1 à 21h05 !


    Pour tenter de gagner son livre qui a inspiré la fiction, il vous suffit de cliquer sur ce lien Gagner le livre de Dorine Bourneton qui vous amènera au formulaire à remplir (le formulaire se trouve en bas de l’article)